Et à regarder les choses en philosophe, je ne vois point de plus plaisante momerie, je ne vois rien de plus ridicule qu'un homme qui se veut mêler d'en guérir un autre.

Extrait sonore de 11 secondes tiré de la pièce de théâtre Le Malade imaginaire.

Cette réplique peut être entendue à 01:14:36.096 dans la version radiophonique de la pièce.

Contexte de la réplique : extrait du dialogue

[...]

- Mais savez-vous, mon frère, que c'est cela qui me conserve, et que Monsieur Purgon dit que je succomberais, s'il était seulement trois jours sans prendre soin de moi?

- Si vous n'y prenez garde, il prendra tant de soin de vous, qu'il vous enverra en l'autre monde.

- Mais raisonnons un peu, mon frère. Vous ne croyez donc point à la médecine?

- Non, mon frère, et je ne vois pas que, pour son salut, il soit nécessaire d'y croire.

- Quoi? Vous ne tenez pas véritable une chose établie par tout le monde, et que tous les siècles ont révérée?

- Bien loin de la tenir véritable, je la trouve, entre nous, une des plus grandes folies qui soit parmi les hommes.

- Et à regarder les choses en philosophe, je ne vois point de plus plaisante momerie, je ne vois rien de plus ridicule qu'un homme qui se veut mêler d'en guérir un autre.

- Pourquoi ne voulez-vous pas, mon frère, qu'un homme en puisse guérir un autre?

- Par la raison, mon frère, que les ressorts de notre machine sont des mystères, jusques ici, où les hommes ne voient goutte, et que la nature nous a mis au-devant des yeux des voiles trop épais pour y connaître quelque chose.

- Les médecins ne savent donc rien, à votre compte?

- Si fait, mon frère. Ils savent la plupart de fort belles humanités, savent parler en beau latin...

- Ils savent nommer en grec toutes les maladies, les définir et les diviser, mais, pour ce qui est de les guérir, c'est ce qu'ils ne savent point du tout.

[...]