Oui, vous avez raison. C'est une tyrannie. Mais je ferai les frais de votre maladie.

4 secondes chrono sample. Réplique culte sonore extraite de la pièce de théâtre Le Légataire universel (1954).

Vous pouvez écouter cette réplique à 00:10:05.792 dans la version Radio de la pièce de théâtre.

Dialogue complet

[...]

- J'ai, cette nuit, été secoué comme il faut, et je viens d'essuyer un dangereux assaut: Un pareil, à coup sûr, emporterait la place.

- Vous voilà beaucoup mieux. Et le ciel, par sa grâce, pour vos jours en péril nous permet d'espérer.

- Il faut présentement songer à réparer les désordres qu'a pu causer la maladie, vous faire désormais un régime de vie, prendre de bons bouillons, de sûrs confortatifs, nettoyer l'estomac par de bons purgatifs, enfin ne vous laisser manquer de nulles choses

- Oui, j'aimerais assez ce que tu me proposes, mais il faut tant d'argent pour se faire soigner, que, puisqu'il faut mourir, autant vaut l'épargner.

- Ces porteurs de seringue ont pris des airs si rogues!... Ce n'est qu'au poids de l'or qu'on achète leurs drogues. Qui pourrait s'en passer et mourir tout d'un coup, de son vivant, sans doute, épargnerait beaucoup.

- Oui, vous avez raison. C'est une tyrannie. Mais je ferai les frais de votre maladie.

- La santé dans le monde étant le premier bien, un homme de bon sens n'y doit ménager rien.

- De vos maux négligés vous guérirez sans doute. Tâchons à réparer vos forces, quoi qu'il coûte.

- C'est tout argent perdu. Dans cette occasion, la maison ne vaut pas la réparation.

- Je veux, mon cher neveu, mettre ordre à mes affaires. As-tu dit qu'on allât me chercher deux notaires?

- Oui, monsieur, et dans peu vous les verrez ici.

- Et dans peu vous saurez mes sentiments aussi. Je veux, en bon parent, vous les faire connaître.

[...]