Il a pour médecin pris un apothicaire pas plus haut que ma jambe, et de taille sommaire: Il croit qu'étant petit, il lui faut moins d'argent et qu'attendu sa taille, il ne paiera pas tant.

Extrait sonore de 11 secondes tiré de la pièce de théâtre Le Légataire universel (1954).

Cette réplique peut être entendue à 00:04:06.160 dans la version radiophonique de la pièce.

Contexte de la réplique : extrait du dialogue

[...]

- De ses bouillons de bouche, et des postérieurs, tu prends soin?

- De ma main il les trouve meilleurs: Aussi, sans me targuer d'une vaine science, j'entends ce métier-là mieux que fille de France.

- Peste, le beau talent! Tu te fais bien payer, je crois, de tous les soins qu'il te fait employer.

- Il ne me donne rien, mais j'ai, pour récompense, le droit de lui parler avec toute licence. Je lui dis, à son nez, des mots assez piquants. Voilà tous les profits que j'ai depuis cinq ans.

- C'est le plus ladre vert qu'on ait vu de la vie. Je ne puis t'exprimer où va sa vilenie.

- Il trouve tous les jours, dans son fécond cerveau, quelque trait d'avarice admirable et nouveau.

- Il a pour médecin pris un apothicaire pas plus haut que ma jambe, et de taille sommaire: Il croit qu'étant petit, il lui faut moins d'argent et qu'attendu sa taille, il ne paiera pas tant.

- S'il est court, il fera de très longues parties.

- Mais dans son testament ses grâces départies doivent me racquitter de son avare humeur: Ainsi je renouvelle avec soin mon ardeur.

- Il fait son testament?

- Dans peu de temps, j'espère y voir coucher mon nom en riche caractère.

- C'est très bien espérer: J'espère bien encore y voir aussi coucher le mien en lettres d'or.

- Tout beau, l'ami, tout beau! L'on dirait, à t'entendre, qu'à la succession tu peux aussi prétendre. Déjà ne sont-ils pas assez de concurrents, sans t'aller mettre encore au rang des aspirants?

[...]